Portée par la question de l'exposition, Sarah Deslandes mène des recherches théoriques, performatives et curatoriales sur la visibilité mesurée de certaines œuvres ainsi que leur principes d'apparition et d'effacement. L'étude de pièces dites ténues (immatérielles, racontées, confidentielles, manquées, inaperçues) ainsi que le soucis de leur révélation sont au centre de ses intérêts. Le geste, le protocole, le récit et la discrétion sont des principes qu'elle emploie et cherche à définir. Oscillant entre des projets performatifs et curatoriaux, sa préoccupation première est de porter un regard complet sur l'exposition : son écriture, son format et la ponctuation de son contexte. En collaboration avec des complices, elle intervient de façon plus ou moins anonyme au coeur d'institutions : actions furtives, interventions sur le bâti et invitations d'objets sont orchestrées de façon anodine pour questionner notre attention aux détails ordinaires.

Sarah Deslandes produit des gestes. Furtifs. Calculés. Contextualisés. Des gestes à peine perceptibles, des actions parmi d'autres actions. Porter des perles ou un parfum (...) ou rire aux éclats. Mais ce ne sont pas que ces gestes qui comptent. Ce sont aussi les contextes dans lesquels ils se réalisent, dans lesquels ils s'immiscent, dans lesquels ils s'invitent plutôt. Souvent c'est dans celui de l'institution, choisit pour ses rouages complexes qui peuvent alors être légèrement déstabilisés, qui peuvent ainsi être furtivement troublés. Mais ces actions, même si elles ont été choisies et réfléchies ne sont rien, ou si peu, sans leur dévoilement. Car qu'est-ce que faire, si cela demeure non dit ? Qu'est-ce qu'un geste s'il n'est pas désigné comme tel ? Le dévoilement, quelque temps après l'action, permet de contrer sa passagèreté, d'assurer la survivance de sa furtivité. Les œuvres de Sarah Deslandes sont subtiles certes, mais aussi totalement présentes; c'est dans ces stratégies d'infiltration, non seulement du quotidien mais de son milieu, que s'incarne son geste.

Catherine Barnabé, Commissaire et traductrice, 2019

Par une approche singulière du dispositif de monstration que représente l'exposition Sarah Deslandes s'emploie à matérialiser la trace des consignes performatives invoquées dans la temporalité d'un vernissage.

Des éléments anodins, une odeur, une direction particulière à prendre, le travail de Sarah Deslandes se concentre sur la question de l'exposition et la manière dont, dans cet espace, se matérialise ses actions. Dirigées avec discrétion et subtilité par des complices ou par l'artiste elle-même, ces détails ne se perçoivent qu'après coups. Le geste le plus simple devient ainsi une véritable interrogation. Que signifie ce geste ? Qui le perçoit et comment ? Quelle trace reste-il de ces actions ? Sarah Deslandes touche aux différents sens du visiteur sans que, dans un premier temps, celui-ci ne s'en rende compte. Elle nous place face à des détails de cet environnement et s'interroge sur notre capacité à regarder des éléments qui nous entourent. Au moyen de ses œuvres mêmes, l'artiste invoque l'espace d'exposition comme lieu de monstration de son travail. Sarah Deslandes propose ainsi une suite de documents, d'indices sur ces détails activés à un certain moment, comme une proposition de réponses à ses préoccupations curatoriales.

Marie Applagnat & Laureen Picault, Commissaires, 2018

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Défaire le temps, La Mac, Résonance Biennale de Lyon, 2019 (Commissariat)


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Déposer un objet, Centre d'art MAGCP, Cajarc, 2019 (Action furtive)


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Rendez-vous - une liste de gestes, Atelier de la ville de Rennes, 2019 (Document)


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Traverser des rideaux, Esban Nîmes, 2018 (Action furtive)


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Romain Gandolphe, La percée des images, DomaineM, 2019 (Commissariat)


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Judith Deschamps, La percée des images, DomaineM, 2019 (Commissariat)


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Chloé Vivien, voyons voir & Domaine du Défend, 2019 (Résidence curatoriale)